22 mai 2026
Au MO.CO. Panacée
14 rue de l’École-de-Pharmacie, Montpellier
avec Laurie Bellanca, Frédéric D. Oberland, Widad Mjama, Kostadis Mizaras, Benjamin Chaval
Bibliothèques Vivantes, Initié par Laurie Bellanca (L’opératrice) et Céline Pévrier (éditions sun/sun) réunit artistes, éditeur·rices, photographes, graphistes, musicien·nes,auteur·rices et lecteur·rices autour d’une notion centrale : celle des intraduisibles.
Le premier volet, inauguré le 22 mai 2026 dans le cadre de la Comédie du livre – 10 jours en mai, s’ouvre avec Atlas, Fragments du Futur au Mo.Co La Panacée. Cette performance littéraire, musicale et visuelle s’inspire de l’ouvrage pluridisciplinaire Vestiges du futur de Frédéric D. Oberland (à paraître aux éditions sun/sun à l’automne 2026), en dialogue avec le corpus des Lectures électriques trilingues de Laurie Bellanca (cie L’Opératrice).
À la croisée de l’arabe, du grec et du français, la performance explore les multiples formes de traduction — entre langues, mais aussi entre écritures et oralités. Cette traversée met en lumière la musicalité du langage et la poésie comme espace de lutte, révélant la porosité et la richesse de nos modes d’expression.
Les textes et voix réunis sont :
– En langue arabe : Soukaina Habiballah, Raja Salim, Asma Azaizeh, Maya Abu Al Hayat
– En langue française : Mathilde Girard, Léa Bismuth, Christophe Manon, Mathieu Bouvier
– En langue grecque : Efthimis Filippou, Makis Malafekas, Katerina Iliopoulou, Thomas Tsalapatis
Voix : Laurie Bellanca (français), Widad Mjama (arabe), Kostadis Mizaras (grec)
Vidéo et musique : Frédéric D. Oberland
Dramaturgie : Laurie Bellanca
Dispositif technique : Benjamin Chaval
Éditorialisation : Céline Pévrier – sun/sun éditions
Administration : Sonia Marrec – L’Opératrice
Label Saison Méditerranée de l’Institut Français 2026
Accueil, production et soutiens : Théâtre des 13 vents, Tropisme résidence Euro Africa, Darja et Dérive Casablancaise de Casablanca.
Remerciements : Meryem Jazouli et Nedjma Hajj.
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ATLAS, FRAGMENTS DU FUTUR
Sur scène, lecteur·rices et auteur·rices se tiennent face à un écran où se déploie un paysage filmique. Les images granuleuses en Super 8 de Frédéric D. Oberland, issues de l’ouvrage Vestiges du Futur (sun/sun éditions), ouvrent un espace sensible et imaginaire. Leur rythme donne le tempo d’une narration tissée à partir d’extraits de textes, autant de fragments qui explorent des hypothèses de futur, là où langues, mots et sons s’entremêlent.
Trois voix, trois langues, proches les unes des autres : un chœur d’intraduisibles se forme, laissant émerger des motifs, des échos, des récurrences. Une question traverse l’ensemble : que restera-t-il lorsque, depuis le futur, nous relirons ce que nous vivons aujourd’hui ? Widad Mjama, Laurie Bellanca et Kostadis Mizaras incarnent cet entrelacement, passant d’une langue à l’autre, mettant en résonance, ou en tension, ce qui échappe parfois à la traduction comme à la lecture.
Construit comme une fiction d’anticipation, l’assemblage des textes fait surgir des figures traversées par leurs inquiétudes, leurs troubles, mais aussi leurs désirs et leurs élans de joie. Les écarts de traduction deviennent des chambres d’écho, tandis que les similitudes ouvrent des questionnements politiques. Atlas, fragments du futur déconstruit et recompose ainsi les héritages lexicaux qui façonnent nos imaginaires.
Les textes de Soukaina Habiballah et Maya Abu Al Hayat tissent un fil continu, donnant à l’ensemble une dimension musicale où poésie et luttes avancent de concert. La poésie scénarisée d’Efthimis Filippou dialogue avec les spéculations technologiques de Makis Malafékas ; les prédictions de Mathilde Girard répondent à l’invitation libératrice de Raja Salim. Aux frontières de ce paysage, Asma Azaizeh et Christophe Manon interrogent ce que les forces — vent, électricité, feu — font à nos vies, tandis que les poèmes d’Abdellatif Laâbi rencontrent la pensée de Peter Szendy, rappelant la puissance transformatrice de la lecture.
Cet Atlas ouvert esquisse, en dialogue avec le film, un récit sensible entre les langues et les imaginaires.
Une production de la Compagnie L’Opératrice et sun/sun éditions
Frédéric D. Oberland : https://www.fredericdoberland.com/
L’opératrice – Laurie Bellanca : https://lectureselectriques.net/